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La recherche sous contraintes

Publié le 18 octobre 2019 Mis à jour le 25 octobre 2019

Séminaire co-organisé par l'IDHE.S (Université Paris Nanterre), le Centre Maurice Halbwachs (EHESS/ENS) et le Centre Georg Simmel (EHESS).

Date(s)

du 27 janvier 2020 au 30 avril 2020

14 h - 17 h
Lieu(x)
Bâtiment W (Max Weber)
2e étage, salle 221.

ORGANISATION

Alexandre Butin | Université Paris Nanterre, IDHE.S, alexandre.butin@cdb.fr
Erwin Flaureau | EHESS, CMH, erwin.flaureau@ehess.fr
Florence Ihaddadene | Université Paris Nanterre, IDHE.S, flo.ihaddadene@gmail.com
Lucas Joubert | EHESS, Centre Georg Simmel, IDHE.S, lucas.joubert@ehess.fr

PRÉSENTATION

Depuis une quarantaine d’années, les transformations de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche conduisent à une augmentation du nombre d’études financées par des organismes, publics ou privés, extérieurs à l’université. C’est particulièrement le cas des recherches doctorales. Il existe en effet une distorsion entre l’offre d’allocations et le nombre de candidats toujours croissant. D’autres formes de financement se développent, comme la CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche), dont le nombre est passé de moins de 800 en 2001, à 1377 en 2016, soit 10% des doctorant·e·s bénéficiant d’un financement[1]. Pour cette même année, les sciences humaines et sociales représentent 27% des CIFRE pour un mode de financement destiné au départ à la recherche « industrielle ».

Ces formes de recherche posent de nombreuses problématiques relativement nouvelles pour les doctorant·es qui en dépendent : double emploi du temps, commande de l’organisation, lien de subordination, difficile insertion dans le champ académique entre autres. Malgré cette évolution des modalités de financement et du cadre de la thèse, les enjeux de cette « recherche sous contrainte » restent très peu abordés. Ainsi, dans la lignée d’une littérature qui s’intéresse aux dimensions épistémologiques de la recherche en entreprise, ce séminaire vise à créer un espace de recherche et d’échanges entre doctorant·es et chercheurs et chercheuses, théorique et pratique, consacré aux enjeux de la recherche sous contrainte.

Pour l’année 2019/2020, ce séminaire pluridisciplinaire ouvert à toutes et tous s’organisera autour de quatre séances permettant la discussion de travaux finalisés ou en cours, des échanges sur la méthodologie de l’enquête et des dialogues avec des doctorant·es et des chercheurs et chercheuses invité·es.

Le séminaire se déroulera à l’Université Paris Nanterre, en partenariat entre les laboratoires IDHE.S (Université Paris Nanterre), le Centre Maurice Halbwachs (EHESS/ENS) et le Centre Georg Simmel (EHESS).

[1] Source : ANRT et MENESR-DGRI C2.
 

PROGRAMME

Jeudi 24 octobre 2019
Proposer, négocier, résister, adhérer : la définition du projet de recherche

Intervenant·es : Florence Hellec, docteure en sociologie rurale, Ingénieure d’études à l’INRA, et Lucie Lepoutre, doctorante au CMH, EHESS.

Résumé : Cette séance se donne pour objectif de réfléchir au processus de construction du projet de recherche en amont mais aussi durant la recherche en entreprise. Pour cela, nous serons attentifs à la double affiliation du/de la doctorant·e au monde académique et au monde de l’organisation. Là où chaque acteur véhicule des attentes sur le contenu de la recherche, parfois ambivalentes, il s’agira de nous intéresser aux manières dont les doctorant·e·s peuvent négocier les tensions qui émanent de la relation avec des agent·e·s aux positions et prises de positions différenciées.

 

Lundi 27 janvier 2020
Gestion du temps et cadre de travail : la double affiliation des doctorant·e·s en CIFRE

Intervenant·es : Ghislaine Gallenga, MCF-HDR à l’Institut d’ethnologie européenne méditerranéenne et comparative, Aix Marseille Université et Sultan Mahmoud Shirzad, doctorant au Centre Georg Simmel à l’EHESS.

Résumé : Cette séance sera consacrée à l’aspect pratique de l’intégration des doctorant·e·s CIFRE dans le cadre de travail de l’organisation. De manière tacite et/ou manifeste, ces jeunes chercheur·e·s se doivent d’occuper un poste de travail auquel sont associées certaines charges qui peuvent entraver le travail de terrain. Ainsi, on s’attachera à saisir les contraintes temporelles à l’exercice d’un travail de recherche dans un contexte salarial. En parallèle, la séance sera l’occasion de partager les stratégies mobilisées par les doctorant·e·s dans l’articulation du temps salarial et du temps de recherche.

 

Jeudi 12 mars 2020
Légitimer sa place : faire partie de son propre terrain

Intervenant·es : Olivia Foli, MCF au GRIPIC, Sorbonne Université-CELSA et Pierre Eloy, doctorant à l’INED, Université Paris 1.

Résumé : Cette dernière séance proposera d’engager une réflexion sur ce que le positionnement interne au terrain étudié induit en termes de légitimité dans chacun des deux milieux. Pris·e entre la suspicion de collusion avec l’organisme financeur et le sentiment de duperie vis-à-vis des collègues, il s’agira de porter la discussion sur les manières dont les doctorant·e·s doivent sans cesse légitimer leur place au sein du monde académique et de l’organisme financeur (entreprise ou association).

 

Jeudi 30 avril 2020
Une critique de l’intérieur ?

Intervenant·es : Isabel Georges, sociologue, IRD, directrice adjointe UMR 201 Développement et sociétés et Félix Traore doctorant au LATTS, Université de Paris-Est Marne-la-Vallée.

Résumé : L’ambition de cette séance sera de poser la question de la réception, par l’organisme financeur, de la portée critique des résultats de la thèse. Outre les difficultés de la posture de dévoilement inhérent aux sciences humaines et sociales, il s’agira de décrire les modalités selon lesquelles une analyse critique de l’institution peut être entendu et entendable par les membres d’une organisation. Ainsi, une attention particulière sera attachée aux manières de présenter les résultats et les différents ajustements face aux publics.

 

Mis à jour le 25 octobre 2019