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La recherche sous contraintes 2020-2021

Publié le 16 novembre 2020 Mis à jour le 23 novembre 2020

Séminaire co-organisé par l'IDHE.S.

Date(s)

du 25 novembre 2020 au 20 mai 2021

10 h - 12 h
Lieu(x)
Séminaire en visioconférence. 
Lien de la visioconférence : https://greenlight.lal.cloud.math.cnrs.fr/b/flo-nwx-kn2

ORGANISATION

Alexandre Butin | Université Paris Nanterre, IDHE.S, alexandre.butin@cdb.fr
Erwin Flaureau | EHESS, CMH, erwin.flaureau@ehess.fr
Florence Ihaddadene | Université de Picardie Jules Verne, flo.ihaddadene@gmail.com
Lucas Joubert | EHESS, Centre Georg Simmel, IDHE.S, lucas.joubert@ehess.fr
Louise Lacoste | Université Paris Nanterre, IDHE.S, lacoste.louise@gmail.com
Florine Truphemus | Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Sherbrooke (Canada),  G-PRD - florine.truphemus@gmail.com

 

PRÉSENTATION

Depuis une quarantaine d’années, les transformations de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche conduisent à une augmentation du nombre d’études financées par des organismes, publics ou privés, extérieurs à l’université. C’est particulièrement le cas des recherches doctorales. Il existe en effet une distorsion entre l’offre d’allocations et le nombre de candidats toujours croissant. D’autres formes de financement se développent, comme la CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche), dont le nombre est passé de moins de 800 en 2001, à 1377 en 2016, soit 10% des doctorant·e·s bénéficiant d’un financement [1]. Pour cette même année, les sciences humaines et sociales représentent 27% des CIFRE pour un mode de financement destiné au départ à la recherche « industrielle ».

Ces formes de recherche posent de nombreuses problématiques relativement nouvelles pour les doctorant·es qui en dépendent : double emploi du temps, commande de l’organisation, lien de subordination, difficile insertion dans le champ académique entre autres. Malgré cette évolution des modalités de financement et du cadre de la thèse, les enjeux de cette « recherche sous contrainte » restent très peu abordés. Ainsi, dans la lignée d’une littérature qui s’intéresse aux dimensions épistémologiques de la recherche en entreprise, ce séminaire vise à créer un espace de recherche et d’échanges entre doctorant·es et chercheurs et chercheuses, théorique et pratique, consacré aux enjeux de la recherche sous contrainte.

Pour l’année 2020-2021, ce séminaire pluridisciplinaire ouvert à toutes et tous s’organisera autour de séances permettant la discussion de travaux finalisés ou en cours, des échanges sur la méthodologie de l’enquête et des dialogues avec des doctorant·es et des chercheurs et chercheuses invité·es.

[1] Source : ANRT et MENESR-DGRI C2.
 

PROGRAMME

Mercredi 25 novembre 2020

Gestion du temps et cadre de travail : la double affiliation des doctorant·e·s en CIFRE

Intervenant·es :
Ghislaine Gallenga, MCF-HDR à l’Institut d’ethnologie européenne méditerranéenne et comparative, Aix Marseille Université
Florine Truphemus, Doctorante CIFRE à Institut de Recherche Juridique de la Sorbonne (IRJS), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Sherbrooke (Canada), G-PRD
et Nicolas Naiditch, doctorant CIFRE au laboratoire Prismatics, Université de Strasbourg
 
Résumé : Cette séance sera consacrée à l’aspect pratique de l’intégration des doctorant·e·s CIFRE dans le cadre de travail de l’organisation. De manière tacite et/ou manifeste, ces jeunes chercheur·e·s se doivent d’occuper un poste de travail auquel sont associées certaines charges qui peuvent entraver le travail de terrain. Ainsi, on s’attachera à saisir les contraintes temporelles à l’exercice d’un travail de recherche dans un contexte salarial. En parallèle, la séance sera l’occasion de partager les stratégies mobilisées par les doctorant·e·s dans l’articulation du temps salarial et du temps de recherche.

 

Jeudi 28 janvier 2021

Accompagner une thèse en CIFRE : un équilibre instable

Intervenant·es :
Maud Simonet, Directrice de recherches CNRS, Directrice de l'IDHES Nanterre et encadrante CIFRE
Jérôme Boissonade, Maitre de conférences HDR à l'Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO), chercheur et co-directeur de l'UMR LAVUE (CNRS 7218)
Guillaume Lacroix, docteur en études urbaines (Université Paris 8), chercheur associé au Lab'Urba, ancien président de l'ADCIFRE SHS (Association des Doctorant.es et Docteur.es en Sciences Humaines et Sociales)
 
Résumé : Cette séance supplémentaire invite à penser la spécificité de la direction d’une thèse réalisée comme salariée. À partir de l’expérience de directeurs·trices de thèse, de leurs ancien·nes doctorant·es CIFRE et des réflexions de l’ADCIFRE SHS, il s’agira de penser le rôle de la direction de thèse, à la fois dans l’encadrement des relations avec la structure employeuse et dans la prise de distance face au terrain.

 

Jeudi 18 mars 2021

Une critique de l’intérieur ?

Intervenant·es :
Isabel Georges, sociologue, IRD, directrice adjointe UMR 201 Développement et sociétés
et Pierre Eloy, doctorant à l’INED, Université Paris 1
 
Résumé : L’ambition de cette séance sera de poser la question de la réception, par l’organisme financeur, de la portée critique des résultats de la thèse. Outre les difficultés de la posture de dévoilement inhérent aux sciences humaines et sociales, il s’agira de décrire les modalités selon lesquelles une analyse critique de l’institution peut être entendu et entendable par les membres d’une organisation. Ainsi, une attention particulière sera attachée aux manières de présenter les résultats et les différents ajustements face aux publics
 

Jeudi 20 mai 2021

Légitimer sa place : faire partie de son propre terrain

Intervenant·es :
Olivia Foli, MCF au GRIPIC, Sorbonne Université-CELSA
et Félix Traore, doctorant au LATTS, Université de Paris-Est Marne-la-Vallée

Résumé
: Cette dernière séance proposera d’engager une réflexion sur ce que le positionnement interne au terrain étudié induit en termes de légitimité dans chacun des deux milieux. Pris·e entre la suspicion de collusion avec l’organisme financeur et le sentiment de duperie vis-à-vis des collègues, il s’agira de porter la discussion sur les manières dont les doctorant·e·s doivent sans cesse légitimer leur place au sein du monde académique et de l’organisme financeur (entreprise ou association).
 

Mis à jour le 23 novembre 2020